La maison hantée
Il y a deux ans, raconte une dame, quand j'ai été si malade, j'ai remarqué que je faisais toutes les nuits le même rêve: je me promenais dans la campagne et je voyais de loin une maison blanche.
Dans mon rêve, j'étais attirée par cette maison et j'allais vers elle. Une barrière blanche fermait l'entrée. Une allée où je trouvais les fleurs du printemps menait à la maison.
Chaque fois je voulais visiter cette maison, je sonnais, je criais, mais personne ne me répondait et enfin je me réveillais.
En été j'ai décidé de passer mes vacances sur les routes de France à la recherche de la maison de mon rêve.
Je n'ai rien trouvé.
En octobre je suis rentrée à Paris et, pendant tout l'hiver, j'ai continué à rêver de la maison blanche.
Au printemps dernier, un jour, quand je traversais un village aux environs de Paris, j'ai senti un choc agréable: je connaissais parfaitement le paysage. J'ai trouvé la maison de mes rêves.
J'ai pris l'allée que je connaissais déjà et j'ai admiré le tapis des fleurs. Je suis sortie de ma voiture, j'ai monté rapidement l'escalier et j'ai sonné.
Presque tout de suite un domestique a paru. C'était un homme au visage triste, très vieux et vêtu d'une veste noire. Il m'a regardée avec attention, sans parler.
- Je vais, lui ai-je dit, vous demander une faveur un peu étrange. Je ne connais malheureusement pas les propriétaires de cette maison, mais je serais heureuse s'ils pouvaient me donner la permission de la visiter.
- La maison est à louer, Madame, m'a-t-il dit, et je suis ici pour la faire visiter.
- A louer? ai-je dit. Quelle chance ! Comment les propriétaires n'habitent pas une maison si belle!
- Les propriétaires l'habitaient, Madame, ils l'ont quittée parce que la maison est hantée.
- Hantée? ai-je dit. Je ne savais pas que dans les provinces françaises on croyait encore aux revenants.
- Mais, Madame, a-t-il répondu sérieusement , moi-même je rencontrais souvent le fantôme dans le jardin.
- Quelle histoire!
- Une histoire, a dit l'homme. Mais vous, Madame, vous ne devez pas rire, ce fantôme, c'était vous.
D'après A. M a u r o i s, La maison hantée

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