пятница, 21 марта 2014 г.

Chapitre 4 "Père et fils" (Transcription)



Père et fils
  
     Vingt-trois heures trente. Que faire ? Aller à la police ? Oui, je pense que c’est indispensable. Mais Sofia hésite : elle préfère attendre. Mariana va peut-être la contacter. Et si c’est un kidnapping, parler à la police, c’est mettre la vie de Mariana en danger...
     Finalement, Sofia décide de rentrer chez elle. Nous nous donnons nos numéros de portable.
– S’il y a du nouveau, on s’appelle immédiatement, OK ? Il pleut et il fait froid. Comme chaque samedi soir, il y
a beaucoup de monde dans le métro. J’appelle Coline.
    – Allô, Coline, c’est moi.
    – Tu sais quelle heure il est ?
    – Désolé, Col, c’est important.
     Qu’est-ce qui se passe ?
     J’explique mon histoire.
     – Et qu’est-ce que je peux faire pour toi ? demande Coline, sceptique.
     – Col, je crois que Mariana est réellement en danger. Je vais parler à Papa.

hesiter : ne pas se décider à faire une chose
du nouveau : une information, un fait nouveau dans l’évolution de la situation

     – Parler à Papa ? Tu es fou !
     – J’aime cette fille, Col ; et j’ai un mauvais pressentiment.
     – Depuis quand tu ne vois pas papa ?
     – Depuis qu’il vit avec cette femme, depuis cinq ans.
     – Petit frère, je crois que tu fais une grosse erreur.
     – Peu importe, Col, il peut m’aider. Donne-moi son numéro de téléphone, s’il te plaît.
     – J’ai le numéro d’un téléphone fixe à Paris, j’espère que c’est le bon.
     – Donne. Je vais essayer.
     Je remercie Col et j’appelle immédiatement.
     – Beaulieu à l’appareil. J’écoute.
     – Papa ? C’est moi, Alex. Je ne te réveille pas ?
     – Non mais... qu’est-ce qui se passe ?
     – Je n’ai pas le temps de t’expliquer. On peut se voir ?
     – Quand ?
     – Maintenant.
     – D’accord.
     – C’est quoi, ton adresse ?
     – 13, rue Vigée. Métro Pasteur.
     – J’arrive dans quinze minutes.

                                                  ***

     Il est une heure du matin. Je marche comme un automate. Je monte dans le premier métro. Je pense à Mariana... et à mon père. Après tout ce temps, comment vont se passer les retrouvailles ?

remercier : dire merci
des retrouvailles : le fait de se revoir après une longue séparation

     J’arrive devant son immeuble. Je sonne.
     – Salut, Alex, me répond-il, je t’ouvre.
     Mon père m’attend à la porte. Je le regarde un instant ; il est comme dans mes souvenirs. Il est mal rasé et porte une chemise blanche froissée et une cravate noire. Mais je sens quelque chose de nouveau chez lui : sa manière de me regarder, plus affectueuse.
     Il met son bras autour de mes épaules.
     Salut, Alexandre. Ça fait longtemps... Tu es un beau garçon, me dit-il. Tu continues tes études, je suppose ? Médecine, c’est ça ?

sonner : appuyer sur un bouton qui se trouve à la porte d’entrée d’une maison pour indiquer sa présence. Quelqu’un sonne. Je vais ouvrir.
un souvenir : l'image que garde la mémoire
il est mal rasé : il a un peu de barbe
froissé(e) : qui n’est pas net(te), lisse
une épaule : la partie supérieure du bras, à l’endroit où il se fixe au thorax

     – Oui, je suis en cinquième année.
     – Ça t’intéresse ?
     – Beaucoup.
     Mon père m’observe, un peu gêné. Après cette longue séparation, c’est sans doute étrange pour lui de me voir chez lui.
     – Alors, tu as des problèmes ?
     Pas moi. Une étudiante que je connais.
     Son nom ?
     Mariana Lopez. Elle est mexicaine.
     – Si tu viens me voir, je suppose que c’est important ?
     – En réalité, je ne sais pas exactement.
     Je raconte toute l’histoire : depuis le rendez-vous dans le bar jusqu’au message sur le miroir de la salle de bains.
     – C’est peut-être une blague, dit mon père.
     – Ce n’est pas son style. Je crois qu'elle est réellement en danger.
     – Tu as des éléments pour affirmer ça ?
     Une contradiction. Écoute : à la fac, un prof nous a présenté Mariana comme boursière de l’État français ; elle-même dit que son père est chauffeur de taxi. Et qu’est-ce que me dit sa meilleure amie aujourd’hui ? Que le père de Mariana est richissime et célèbre au Mexique. Tu trouves ça normal, toi ?

gêné : qui est un peu intimidé, dans une situation psychologique peu confortable
une blague (fam.) : une histoire inventée pour faire rire


     Mon père me regarde un long moment, de ses grands yeux noirs. Je m’assois dans un fauteuil, en face de sa table de travail.
     Il s’assoit lui aussi en silence. Il se passe la main dans les cheveux, puis se frotte longuement le menton.
     – À quoi tu penses ?
     – À un kidnapping, me répond-il.
     – Moi aussi.
     – Bon, je vais réfléchir à tout cela... Le plus important, c’est de savoir s’il y a une demande de rançon. Demain, on passe à l’action. Pour le moment, dors un peu, pour prendre des forces. La journée va être dure. Je te réveille à six heures trente, ça te va ?
     – Très bien... merci, c’est vraiment sympa de ta part.

un fauteuil : le meuble confortable où on peut s’asseoir pour lire, regarder la télévision...
le plus important : le point réellement important, fondamental
une rançon : de l' argent, le prix qu’une personne exige pour libérer une personne qu’elle garde prisonnière




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