Coup de foudre
Dix minutes
plus tard, nous prenons le métro et nous descendons à deux pas de la Sorbonne.
Nous entrons dans le restaurant et nous nous installons à une petite table.
– Tu prends
quoi ?
– Euh... je ne
sais pas... une salade et un thé.
– Moi, un jus
d’orange, une salade et une tarte aux pommes. Alors, qu’est-ce que tu penses de
la fac ?
– Je suis
contente. L’ambiance est bonne et les gens sont très aimables avec moi. C’est
génial !
– Tu habites
loin de la fac ?
– Au 7 de la
rue Bréa. L’appartement est petit mais il est sympa. Et toi ?
– Moi je suis à deux stations de métro. C’est pratique ; mais mon studio est minuscule, imagine : 15 m2 ... Et les étudiants, tu les trouves comment ?
un coup de foudre : une manifestation immédiate de l’amour
La
Sorbonne : la célèbre université parisienne
très : extrêmement.
– Euh, en
réalité, je ne connais personne.
– Sauf moi !
– C’est vrai
!!! Ah si, je peux dire une chose sur la classe : je trouve qu’il y a beaucoup
de garçons !
– Tu as
raison. Trop, non ?
– Toi, au
moins, tu dis ce que tu penses ! dit Mariana.
– Je
plaisante... Ils sont sympas...
– Oh !
s’exclame Mariana. Il est une heure dix. Je dois partir, je vais être en
retard.
Elle se lève
et moi, le timide, brusquement je prends sa main !!!
– Mariana...
on se voit demain ?
– Oui... en
cours.
– N-non... Je
veux dire... après... On peut aller au cinéma, si tu veux ?
Mariana retire sa main et me dit d’un ton un peu froid :
– On se
connaît depuis une heure, tu vas un peu vite Alexandre, non ?
– Excuse-moi,
Mariana. Je suis désolé !
– Ce n’est pas
grave. Bon, à demain et merci.
je ne connais personne : je ne connais pas un seul
étudiant
trop : une quantité excessive (de garçons)
je plaisante : je ne parle pas sérieusement
Je la regarde
partir. Mon cœur bat très fort. Elle ne se retourne pas. Je suis un vrai
imbécile ! D’habitude, je ne parle pas de cette manière aux filles. C’est
curieux : j’ai l’impression de la connaître depuis longtemps. Je me sens bien
avec elle.
Je la regarde
s’éloigner. Mariana n’est pas comme les autres : elle n’est pas belle au sens
classique, mais intéressante ; pas coquette mais ultra féminine. C’est surtout
à cause de ses yeux, je crois : doux, curieux et intelligents ; déterminés
aussi. Il y a comme une énergie spéciale en elle.
Mais une chose
est sûre : je l’aime.
***
battre : palpiter
se retourner : regarder derrière
d’habitude : d’une manière générale
longtemps : un long espace de temps
s’éloigner : partir
doux : agréable, contraire de dur
Les jours
passent. Mariana et moi, on se voit à la fac mais on se parle à peine. En
réalité, elle parle bien le français et elle n’a pas besoin de moi.
De temps en
temps, je lui demande : « Salut, Mariana, tout va bien ? » « Oui, oui, me
répond-elle, tout va très bien, merci, Alexandre. »
Mariana ne
m’évite pas, non, mais elle ne me laisse pas entrer dans sa vie. Je préfère ne
pas forcer les choses.
***
L’autre jour,
surprise ! Après le cours, elle vient me trouver, elle est très gaie.
– J’organise
une petite fête. Tu veux venir ?
Elle m’invite ?! Moi ? Mais c’est génial !
– Bien sûr !
C’est quand ?
– Samedi
prochain. Dans un bar, près du Châtelet. À vingt et une heures, ça te va ?
– Parfait. Et
cette fête, c’est en l’honneur de quoi ?
– Mon
anniversaire. Alors, à samedi.
Puis, à ma
grande surprise, elle m’embrasse sur la joue, avant de disparaître.
Je reste
immobile, au milieu de l’amphi. Mariana m’invite à une fête ! Je suis heureux
!!!
avoir besoin de : voir la nécessité, l’utilité (d’avoir
quelque chose)
de temps en temps : à des intervalles de temps plus ou
moins longs et irréguliers
gaie : très contente
embrasser : mettre ses lèvres sur les lèvres ou
la joue: la partie du visage entre le nez et l’oreille de quelqu’un
la joue: la partie du visage entre le nez et l’oreille de quelqu’un
Et puis,
brusquement, l’angoisse ! Un cadeau. Je dois faire un cadeau à Mariana ! Mais
quoi ? Des fleurs ? Trop banal. Un parfum ? Trop personnel... Un bijou ! Voilà,
c’est ça ! Mais quel bijou... ? SOS, Coline.
Je compose le
numéro de ma sœur.
– Allô,
Coline, c’est moi. Tu as un moment ?
–Trente
secondes, Alexandre, je suis au travail.
– Imagine :
c’est ton anniversaire. Un garçon, qui est amoureux de toi -mais tu ne le sais
pas-, t’offre un bijou. Qu’est-ce qu’il t’achète ?
– Euh... je ne
sais pas... euh... un collier. Un collier un peu moderne mais discret. C’est
joli avec un T-shirt, en été...
– Un collier ?
C’est une super idée. Merci, Col, tu es adorable, je t’embrasse.
l’angoisse : la forte anxiété
un bijou : le petit objet qu’on porte comme ornement (aux
doigts, au cou, aux oreilles)

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